À la suite des élections de 2020-2021, le gouvernement a engagé, sous la supervision de l’Autorité Nationale des Élections (ANE), une réforme du cadre électoral. Toutefois, cette démarche fait l’objet de critiques de la part de certains membres de l’opposition et d’organisations de la société civile, qui dénoncent un manque de dialogue inclusif et une centralisation accrue du pouvoir.
Le lundi 29 septembre, le président Faustin-Archange Touadera a signé un décret convoquant les électeurs à un scrutin quadruplé inédit prévu pour le 28 décembre 2025. Cet événement combine les élections présidentielle, législatives, régionales et municipales. Le chef de l’État a officiellement déposé sa candidature pour un nouveau mandat le jeudi 2 octobre, rejoint par plusieurs figures issues de l’opposition modérée.
Principaux défis et enjeux électoraux
Le paysage politique centrafricain, à l’approche des élections de décembre 2025, reste marqué par de fortes tensions et une polarisation persistante. L’opposition déplore des restrictions dans l’exercice de ses activités politiques ainsi qu’un accès inégal aux médias. De leur côté, les autorités insistent sur la nécessité de préserver la stabilité nationale et la continuité des institutions.
L’un des principaux enjeux demeure la relance d’un dialogue inclusif entre le gouvernement et le Bloc républicain pour la défense de la constitution (BDRC). Malgré plusieurs tentatives, les deux camps peinent à trouver un terrain d’entente, chacun restant ferme sur ses positions.
Le 2 septembre 2025, après plusieurs mois de revendications, le BDRC a obtenu l’ouverture officielle d’un dialogue politique, condition préalable à sa participation au processus électoral. Cette initiative visait à instaurer un cadre de concertation plus large, incluant les partis d’opposition. Toutefois, selon les propos du Premier ministre centrafricain tenus sur Guira FM le 27 septembre 2025, les discussions progressent lentement. Il a reproché au BDRC de ne pas avoir présenté de propositions concrètes, estimant que cette attitude entravait le bon déroulement du dialogue. Le chef du gouvernement a par ailleurs affirmé que ce processus ne devait pas interférer avec le calendrier électoral, accusant l’opposition de chercher à fragiliser le pays à travers une stratégie de blocage.
Ainsi, la République centrafricaine fait face à plusieurs défis majeurs : la consolidation du dialogue politique, la garantie d’un processus électoral transparent et équitable, et le maintien de la stabilité institutionnelle dans un contexte de méfiance persistante entre les acteurs politiques.
Avancement du processus électoral en République centrafricaine
Les dates du scrutin ayant été officiellement validées, le Comité stratégique poursuit ses travaux d’évaluation des actions menées en vue de la préparation des élections. Le 30 septembre 2025, s’est tenue la deuxième réunion du Comité stratégique d’appui aux processus électoraux, réunissant les partenaires de soutien. Cette rencontre avait pour objectif d’examiner l’état d’avancement des activités réalisées et de renforcer la coordination des efforts en prévision des scrutins à venir.
Le BDRC annonce son boycott des élections de 2025
Plusieurs dirigeants de l’opposition regroupés au sein du Bloc républicain pour la défense de la constitution (BDRC) ont décidé de ne pas participer aux prochaines élections.
Le coordinateur de la plateforme, Crépin Mboli-Goumba, a déclaré sur RFI qu’aucun membre du BDRC ne présentera de candidature à l’élection présidentielle.
« La convocation illégitime d’un corps électoral inexistant met fin à toute illusion de dialogue. Nous savions dès le départ que le gouvernement ne montrait aucun réel intérêt pour une concertation politique. Cette situation ne nous surprend donc pas »,
a-t-il affirmé au micro de François Mazet, journaliste du service Afrique de RFI.
Cette annonce marque un nouveau tournant dans le climat politique centrafricain, accentuant la fracture entre le pouvoir et l’opposition à l’approche du scrutin de décembre 2025.
Climat politique délétère avant les élections groupées de 2025 en République centrafricaine
À quelques mois des élections groupées prévues pour décembre 2025, la situation politique en République centrafricaine reste tendue. Le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) a annoncé la suspension de sa participation au processus électoral, invoquant l’absence de véritable dialogue politique.
Dans un entretien accordé au journal Oubangui Média le lundi 6 octobre 2025, le président du parti, Martin Ziguélé, a déclaré que le MLPC ne présentera aucun candidat à quelque scrutin que ce soit tant qu’un dialogue politique inclusif ne sera pas instauré.
Selon lui, cette décision vise à prévenir toute tentative de manipulation électorale et à garantir un processus transparent et équitable. Le MLPC appelle ainsi à l’organisation de concertations nationales afin de poser les bases d’une compétition démocratique sincère et équilibrée.
L’Union des Forces Démocratiques de l’Opposition (UFDO), représentant l’opposition modérée, a annoncé sa participation aux élections groupées prévues pour décembre 2025.
Parallèlement, bien qu’une partie de l’opposition ait choisi de boycotter le scrutin, certains candidats ont décidé d’y prendre part. C’est notamment le cas d’Eddy Symphorien Kparekouti, qui a récemment déposé sa candidature.
Le lundi 6 octobre, Eddy Symphorien Kparekouti, président du Parti de l’Unité et de la Reconstruction (PUR) et membre de l’UFDO, a officiellement soumis sa candidature à l’Autorité nationale des élections pour la présidentielle prévue le 28 décembre prochain.
En dépit des appels à l’unité et des divergences internes persistantes, Anicet Georges Dologuélé a maintenu sa position, estimant que la participation au processus électoral constituait une démarche démocratique essentielle pour faire entendre la voix de l’opposition au sein des institutions républicaines. Sa décision, perçue par d’autres acteurs politiques comme un signe de courage et de responsabilité, illustre la complexité du climat politique actuel, où les alliances et les positions se redéfinissent à mesure que les échéances électorales approchent.
Sur le plan sécuritaire, le contexte reste particulièrement préoccupant à l’approche des élections. L’activité persistante de groupes armés dans plusieurs régions du pays compromet la possibilité d’organiser un scrutin véritablement inclusif et transparent. Malgré les efforts considérables déployés par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) et par différents partenaires internationaux, les défis demeurent nombreux, notamment en matière de sécurité pour les électeurs, le personnel électoral et les observateurs.
Toutefois, en dépit de ces difficultés, une partie importante de la population manifeste un certain optimisme. Beaucoup espèrent que ce rendez-vous électoral constituera une étape cruciale vers la consolidation de la démocratie et la restauration d’une stabilité durable. Les organisations de la société civile appellent, quant à elles, à une vigilance citoyenne accrue et à un engagement actif pour garantir la transparence du processus électoral.
Les médias jouent également un rôle clé dans cette dynamique, en particulier les plateformes de vérification de l’information comme Centrafrique Check, qui œuvrent à la lutte contre la désinformation et contribuent à un débat public plus éclairé.
