Faux, aucun nouveau test de BCG en Afrique

Le mai 23, 2023
par Centrafrique Check

Une publication partagée dans les groupes WhatsApp affirmant que quarante-six chercheurs iront dans  24 pays Africains pour tester un vaccin appelé BCG.  L’auteur de cette information qui est devenue très virale demande aux africains de ne pas se  faire vacciner même pour de l’argent parce que personne ne connaît les effets secondaires de ce nouveau vaccin. Et pourtant cette affirmation ne repose sur aucun fondement scientifique.

La première publication de cette information remonte au 21 avril 2020. Elle a été retrouvée sur la page Facebook d’Afrique grandes gueules et a suscité des réactions. Parmi ces réactions, un internaute dément cette information en ces termes : « En Europe précisément en France tous les enfants sont vaccinés au vaccin BCG même il est obligatoire pff Fake news encore… »

Sur les différents groupes  WhatsApp, plusieurs personnes s’interrogent : Pourquoi ces chercheurs ont choisi l’Afrique y compris la RCA pour tester ce nouveau  vaccin BCG ?

Le vaccin bilié de Calmette et Guérin (BCG) est un vaccin qui permet de protéger les nourrissons et les enfants contre les formes graves de la tuberculose.  Découvert depuis 1921, le vaccin contre la tuberculose est obligatoire pour les nouveau-nés.

Qu’en est-il réellement ?

La vérification :

  • Une information qui circule dans les groupes WhatsApp en Centrafrique depuis le , prĂ©tend affirmer qu’une quarantaine de chercheurs iront en Afrique pour tester le vaccin BCG. Selon un extrait de la publication, la mĂ©decin Zeikou Aminata basĂ©e Ă  Moselle en France appelle les Africains Ă  ne pas se faire vacciner car les effets secondaires sont très graves.
  • D’après les vĂ©rifications faites par AFC au lendemain de l’annonce du post le lundi 25 juillet 2022,  il s’agit de fausse information parce que le vaccin contre la tuberculose, dit BCG a Ă©tĂ© dĂ©couvert depuis 1921.

La vérification en détail : 

  • Selon Augustin Dibert, conseiller en matière de santĂ© au bureau de l’Organisation Mondiale de la SantĂ© (OMS) Ă  Bangui ; « c’est une fausse Information visant Ă  manipuler l’opinion publique.  Les vaccins BCG sont gĂ©nĂ©ralement administrĂ©s pour protĂ©ger les nouveau-nĂ©s  contre la tuberculose, mais l’OMS souligne Ă©galement l’intĂ©rĂŞt de ce vaccin dans la prĂ©vention de maladies graves chez l’enfant ».
  • Augustin Dibert prĂ©cise Ă©galement  « qu’aucun chercheur n’est en Afrique ni en Centrafrique sinon le Bureau de recherches sur la tuberculose de l’OMS devrait nous Informer. Nous ne disposons aucun rapport de l’OMS affirmant cette information. Cependant, Ce vaccin n’est donc plus obligatoire mais reste recommandĂ© pour certains enfants ».
  •  Pour Docteur Saint Alban Walter Lemotomo, chef de service de la logistique Ă  la Direction de la prĂ©vention par la  vaccination au ministère de la santĂ© publique et de la population : «  le ministère n’a reçu aucun rapport mentionnant l’arrivĂ©e de ces chercheurs en Centrafrique. Si c’était le cas, l’Organisation Mondiale de la SantĂ© devrait signaler les ministères de la santĂ© des 24 pays d’Afrique y compris la RĂ©publique Centrafricaine. Cependant le vaccin BCG est homologuĂ© par l’OMS depuis plusieurs annĂ©es. Il vise Ă  protĂ©ger les nouveau-nĂ©s contre les formes graves de la tuberculose».

D’autres recherches nous ont dirigés  vers le site officiel de THE GLOBAL FUND, d’après les résultats assortis qu’environ un quart de la population mondiale souffre de tuberculose latente, mais seuls 5 à 15 % environ développent des symptômes de tuberculose active. En total plus de 4.7 millions de personnes atteintes de tuberculose traitées en 2020 à travers le monde.

Cette information circulait depuis plusieurs années à travers les réseaux sociaux. L’objectif visé est de manipuler l’opinion publique sur le Vaccin BCG.

Méfiez-vous de certaines informations qui peuvent vous induire en erreur, suivez les instructions données par les autorités sanitaires étant donné que la République Centrafricaine demeure l’un des pays disposant  une forte charge tuberculeuse avec une incidence de 540 pour 100 000 habitants et une mortalité de 61 pour 100 000 habitants. Selon les dernières études sur National Libraly of Medecine, la tuberculose pharmaco résistante représente 4,1% parmi les nouveaux cas et 25,2% parmi les cas déjà traités.