Aucune statistique officielle n’a encore été publiée par l’ANE

Le décembre 29, 2025
par Centrafrique Check

Un post Facebook publié le 28 décembre 2025 prétend qu’un sondage, exclusivement réalisé à Bangui et diffusé avant l’annonce des résultats officiels après la fermeture des bureaux de vote, attribuerait 78,54 % des voix au président sortant du MCU, 9,70 % au parti URCA et 6,90 % au parti Unir. Selon cette publication, ces chiffres reflèteraient les résultats des élections groupées en République centrafricaine. Toutefois, ces informations sont incorrectes et non officielles, comme l’ont confirmé l’Autorité nationale des élections, chargée de superviser les scrutins, ainsi que des vérifications complémentaires effectuées par Centrafrique Check.

Depuis le 28 décembre 2025, des publications relayant des statistiques provenant de sources non officielles ont refait surface sur les réseaux sociaux et WhatsApp, dans le contexte des élections groupées. Ces données circulent de manière sporadique, en particulier au sein de certains cercles communautaires, et prétendent placer en tête des intentions de vote le candidat du parti au pouvoir, le Mouvement Cœur Uni. Cependant, ces affirmations, qui semblent basées sur des rumeurs ou des informations partielles, n’ont reçu aucune validation officielle de la part de l’Autorité Nationale des Élections, l’instance responsable de la supervision des scrutins en République centrafricaine.

Le 28 décembre, un internaute nommé Jefferson le Gaillord Tonga a partagé un message accompagné d’une description indiquant : Tendance officielle après la fermeture des bureaux de vote. Important : ce sondage concerne uniquement la ville de Bangui ». Le contenu met en avant une affiche présentant trois candidats à l’élection présidentielle et leurs pourcentages respectifs. Faustin Archange Touadéra se démarque en tête avec 78,54 %, suivi par Dolégué à 9,70 % et Henri Mari Dondra à 6,90 %. Par ailleurs, d’autres plateformes, comme  Sage Centro, ont également diffusé diverses statistiques, notamment sur les votes en République centrafricaine et au sein de sa diaspora, ce qui a considérablement amplifié leur diffusion sur les réseaux sociaux.

Cependant, ces chiffres sont incorrects et ne proviennent pas de sources officielles, comme l’a confirmé l’Autorité Nationale des Élections contactée par Centrafrique Check.

Dans le but de vérifier la véracité des données largement diffusées sur les réseaux sociaux en République centrafricaine, l’équipe de Centrafrique Check a contacté, le 29 décembre 2025, le porte-parole de l’Autorité Nationale des Élections. Interrogé à ce sujet, Jimmy Anthony Zitango Bodeman a catégoriquement rejeté ces chiffres, affirmant : « Nous-mêmes n’avons pas encore les résultats. Tout ce qui circule sur les réseaux sociaux est de la désinformation, donc de fausses statistiques », a-t-il précisé.

Afin d’apporter davantage de clarté concernant les statistiques diffusées en ligne, l’Autorité Nationale des Élections a publié, le 28 décembre 2025, un communiqué visant à démentir ces données inexactes tout en dénonçant fermement ces comportements irresponsables, susceptibles d’engendrer de la confusion, de troubler l’ordre public et de discréditer le processus électoral. Dans ce cadre, elle a également appelé la population à faire preuve de vigilance face aux informations propagées, en rappelant que chaque citoyen, en cette période délicate, joue un rôle essentiel dans la préservation de la paix, de la démocratie et de la cohésion sociale de notre pays.

Les élections quadruples en République centrafricaine représentent un moment décisif pour la démocratie du pays, avec une particularité inédite, pour la première fois, les scrutins présidentiel, législatif, régional et municipal ont été organisés simultanément. Ces élections historiques se sont tenues hier, le dimanche 28 décembre 2025. Cependant, dans la foulée de ce scrutin, des chiffres non vérifiés et des sondages falsifiés ont proliféré sur les réseaux sociaux, risquant de perturber le choix des électeurs et de fragiliser le système démocratique.

Le principal risque lié à la diffusion de ces informations imprécises est leur capacité à créer de la confusion, à accroître la méfiance et à attiser des tensions sociales ou politiques. Lorsque des chiffres non confirmés se heurtent à des annonces officielles, la confiance des citoyens envers les institutions démocratiques peut vaciller, compromettant l’équilibre et la sérénité du processus électoral. En ce sens, il est essentiel d’éviter de relayer des rumeurs ou des informations non validées. Nous devons rester solidaires, respecter les divergences d’opinion, et attendre sereinement les résultats officiels communiqués par les instances compétentes. La prudence est donc de mise, tant pour les citoyens et les leaders que pour les médias, afin de prévenir la propagation de fausses informations.

Cette déclaration émerge suite à la diffusion de nombreuses vidéos et publications sur les réseaux sociaux après les élections, accusant les candidats du parti MCU d’avoir supposément orchestré des fraudes dans plusieurs bureaux de vote situés dans la ville de Bangui et à l’intérieur du pays.

Conclusion

À la suite des quatre scrutins organisés en République Centrafricaine le 28 décembre 2025, des chiffres non officiels et non vérifiés circulent abondamment sur les réseaux sociaux, indiquant prétendument que le président du Mouvement Cœurs Unis, Faustin Archange Touadera serait en tête avec 78,54 % des voix, suivi par Dologuélé, représentant le parti URCA, et Henri Mari Dondra, affilié au parti UNIR, crédités de 6,90 %. Ces informations sont totalement fausses. L’Autorité Nationale des Élections (ANE), sollicitée à ce sujet, rappelle que seul cet organisme a la compétence pour publier des résultats validés. 

Elle souligne par ailleurs qu’à ce jour, aucun résultat officiel n’a encore été proclamé. Toute autre déclaration s’avère être de la désinformation et expose leurs auteurs aux sanctions prévues par la législation en vigueur en République Centrafricaine, comme l’a confirmé l’ANE après diverses vérifications.

Par Hillary Boyo