L’article, accompagné de photographies montrant des camions embourbés, portait le titre : « Damara et Sibut : le président Touadera demande aux routiers de cotiser pour les réparations ». Publié le 7 octobre, il a enregistré plus de 764 vues.

Cependant, après vérification, il s’avère que cette information est fausse. Le pont mentionné n’a pas été détruit, mais présente seulement des détériorations ayant temporairement perturbé la circulation. Selon plusieurs sources locales, dont les autorités du Kémo, contactées par Centrafrique Check, aucune demande de contribution financière n’a été formulée par le gouvernement ou le président.
Vérification:
Les autorités locales démentent
Interrogée le 8 octobre 2025 par Centrafrique Check, la gouverneure de la région du Kémo, Lucienne Mbaka, a apporté un démenti formel :
« L’information selon laquelle le Président Touadera aurait demandé aux transporteurs routiers de contribuer aux réparations du pont reliant Damara et Sibut est totalement infondée. Une dégradation du pont avait effectivement perturbé la circulation, mais grâce à une intervention rapide de mes services et du contingent de la MINUSCA, les travaux de réhabilitation ont été effectués dans la même journée. À ce jour, la circulation a repris normalement, et la gendarmerie assure la sécurité et la fluidité du trafic. »
Cette déclaration officielle vient contredire directement la publication du site Corbeau News Centrafrique, qui affirmait l’existence d’une collecte imposée par le gouvernement.
Le maire de Sibut, Sylvain Bizoli, contacté par la même rédaction, a lui aussi rejeté ces accusations :
« Cette information est erronée. Bien que le pont ait subi des dégradations, ni le Président de la République ni le gouvernement n’ont demandé une quelconque contribution financière. Des habitants et des jeunes du secteur ont simplement apporté, de manière volontaire, des matériaux comme des planches et des clous pour aider à la réparation. Parler d’une cotisation obligatoire relève d’une déformation de la réalité. »
Ces déclarations officielles concordent et confirment que l’État n’a jamais sollicité de participation financière des transporteurs ni de la population locale.
Des témoignages qui confirment la version des autorités
Au-delà des déclarations officielles, plusieurs témoignages recueillis sur le terrain viennent appuyer ce démenti.
Le chauffeur routier Maximin Lambas, contacté le 8 octobre 2025, a expliqué :
« J’exerce ce métier depuis près de vingt ans, et c’est la première fois que j’entends parler d’une contribution obligatoire pour la réparation d’un pont. Oui, le pont s’est détérioré, mais personne ne nous a demandé de cotiser pour financer les réparations. Cette histoire est complètement fausse. »
De même, Steve Ndatoulou, habitant à proximité du pont Kangamonte (situé à une dizaine de kilomètres de Sibut), a déclaré :
« Cette information ne correspond pas à la réalité. Des matériaux ont bien été apportés pour renforcer le pont, mais il s’agissait d’initiatives volontaires de la population locale, et non d’une demande du gouvernement. »
Ces témoignages confirment que les réparations ont été réalisées grâce à des efforts conjoints des autorités locales, des habitants et du contingent de la MINUSCA, sans aucune imposition financière.
La diffusion rapide de cette fausse information sur les groupes WhatsApp illustre une nouvelle fois la vulnérabilité du paysage médiatique centrafricain face aux rumeurs et à la désinformation. En quelques heures, la publication de Corbeau News Centrafrique, vue plus de 764 sur son site, a été partagée des dizaines de fois sur les réseaux, amplifiant la confusion au sein de la population.
Cette situation met en lumière le rôle crucial des plateformes de vérification comme Centrafrique Check, qui travaillent à démystifier les fausses informations circulant en ligne et à rétablir les faits.
Conclusion
Après examen des sources officielles, des témoignages locaux et des vérifications menées sur le terrain, il apparaît clairement que l’information publiée le 7 octobre 2025 par Corbeau News Centrafrique est erronée. Le pont Damara-Sibut n’a pas été détruit, mais simplement endommagé, et aucune contribution financière n’a été exigée des transporteurs ou de la population.
Cette affaire rappelle l’importance de vérifier la fiabilité des sources d’information avant toute diffusion sur les réseaux sociaux. La propagation de fausses nouvelles peut semer la confusion et fragiliser la confiance envers les institutions publiques.
En résumé, les vérifications de Centrafrique Check confirment que le gouvernement centrafricain n’a pas demandé de cotisation pour la réparation du pont Damara-Sibut. Les travaux ont été réalisés grâce à la coordination entre les services régionaux, la MINUSCA et la population locale, sans aucune forme d’obligation financière.
