Attention aux médicaments non homologués : un danger réel pour la santé

Le octobre 1, 2025
par Centrafrique Check

Un post Facebook signale la vente du paracétamol NAFDMU au marché du kilomètre 5, dans le 3ᵉ arrondissement de Bangui, en précisant qu’il serait associé à des effets secondaires très graves. Cette information diffusée sur les réseaux sociaux, a été confirmée par les autorités sanitaires après vérification par Centrafrique Check.

Publié le 5 septembre 2025 par un internaute sur Facebook, puis partagé dans le groupe « Cercle de réflexion pour l’essor de la Centrafrique », l’information mettait en garde :
« Alerte ! Danger de mort. Je viens de prendre ce paracétamol et voilà ce que j’ai trouvé dans le comprimé : un morceau de fer semblable à une aiguille. Soyons vigilants face à ce type de paracétamol. Je l’ai acheté au Km5. Partagez au maximum pour sauver des vies. »

Le même avertissement a été relayé  par Abdel-Aziz Selemane, journaliste à Radio Voix de l’Islam, afin de sensibiliser davantage la population.

En réalité, la présence de ce paracétamol NAFDMU sur le marché représente bel et bien un risque sérieux pour la santé publique. Le ministère de la Santé et de la Population, ainsi que plusieurs pharmaciens contactés, confirment que ce médicament suspect constitue une menace préoccupante et appellent la population à la plus grande prudence.

Cette affaire met en lumière un problème plus large et bien réel : la circulation de médicaments de qualité douteuse ou contrefaits, souvent vendus à bas prix sur les marchés informels. Ces produits présentent des risques majeurs, allant d’une inefficacité du traitement à des intoxications graves. Les autorités et les professionnels de santé recommandent donc vivement d’éviter l’automédication et les achats sur le marché parallèle, afin de garantir la sécurité des patients et de protéger la santé publique.

Vérification:

Témoignages des victimes

Les premiers témoignages recueillis auprès de deux frères confirment que le paracétamol identifié sous l’appellation NAFDMU, a provoqué des effets secondaires chez certains consommateurs. 

Le 26 septembre 2025, Souleymane Youssouf, 17 ans, a témoigné avoir acheté ce médicament au km 5 le 4 septembre 2025. Après avoir avalé deux comprimés, il a ressenti une forte sensation de chaleur entre la bouche et le nez. Bien que son père ait tenté de le soigner, les symptômes ont refait surface une demi-heure plus tard, le contraignant à une hospitalisation.

De son côté, son cadet, Souleymane Ibrahim, âgé de 14 ans, confirme que lui et son frère ont subi les mêmes effets le même jour, dénonçant la dangerosité de ce paracétamol pour la santé des Centrafricains. Ces témoignages mettent en lumière les risques réels associés à la consommation de ce médicament.

 Avis des autorités et experts

Ces témoignages sont corroborés par les autorités sanitaires et les pharmaciens. Interrogé le 16 septembre 2025, Valentin Nebanga, chef de service de la promotion de la santé au ministère de la Santé et de la Population, confirme : « Cette information est exacte. Ce paracétamol n’est pas approuvé par l’État centrafricain. Ce produit est entré illégalement dans la capitale. Les citoyens doivent rester vigilants et n’acheter leurs médicaments qu’en pharmacie pour préserver leur santé.» 

Il ajoute que la consommation non contrôlée de paracétamol peut entraîner une dépendance comparable à celle de substances narcotiques et provoquer de graves atteintes au foie «Je tiens à préciser que la consommation régulière de paracétamol sans contrôle peut créer une dépendance similaire à celle d’une substance narcotique. Le paracétamol peut provoquer des dysfonctionnements hépatiques chez les Centrafricains. Ce médicament ne devrait être utilisé que sur recommandation d’un médecin, l’automédication pouvant entraîner des conséquences néfastes. Le paracétamol portant l’inscription ‘NAFDMU’ sur son emballage ne doit pas être consommé par la population, car le ministère de la santé et de la population ne garantit pas sa qualité

De son côté, Docteur Bakossa Elisé, de la pharmacie Le Diamant, avertit le 19 septembre que ce paracétamol NAFDMU représente un danger majeur, pouvant causer des complications graves comme des défaillances hépatiques. Il souligne que dans les kiosques pharmaceutiques, le paracétamol n’est pas correctement conservé. Il exhorte donc la population à la plus grande prudence. »

Dans le même sens, la pharmacienne Geneviève Ngonbo, exerçant au km 5, déclare le 18 septembre 2025 que «ce produit est bel et bien commercialisé dans les mini-pharmacies du quartier». Elle appelle la population à n’acheter ce médicament que dans les pharmacies agréées par le ministère. 

Enfin, un vendeur de mini-pharmacie au km 5, Issa Abakar, reconnaît lui-même l’existence de ce produit dangereux, tout en précisant ne pas le commercialiser dans son établissement.

Constat sur le terrain

Malgré les interdictions officielles, une descente effectuée par une équipe de Centrafrique Check le 26 septembre 2025 a permis de constater que le paracétamol NAFDMU continue d’être vendu illégalement sur le marché noir au km 5. Un échantillon a même pu être acheté à 9 heures ce jour-là, confirmant la présence effective du produit en circulation.

Verdict: 

En conclusion, l’information publiée le 5 septembre 2025 par la page Facebook « Le cercle de réflexion pour l’essor de la Centrafrique » se révèle fondée. Ce paracétamol vendu hors du circuit légal, représente un danger avéré pour la santé publique. Les autorités sanitaires appellent donc la population à éviter l’automédication et à se procurer exclusivement leurs médicaments en pharmacie agréée et sur prescription médicale.

Par Romaric BEALOUM