À la suite des élections simultanées tenues le 28 décembre 2025, l’Autorité nationale des élections (ANE) a entamé la publication des résultats provisoires entre le jeudi 1er et le lundi 5 janvier 2026, en donnant la priorité à l’élection présidentielle. Ces résultats sont dévoilés progressivement, au rythme de la réception des procès-verbaux en provenance des diverses circonscriptions. Cependant, la proclamation officielle des résultats définitifs reviendra au Conseil constitutionnel, seule entité légalement compétente pour en assurer la validité.
En attendant cette dernière étape, la période actuelle est marquée par des tensions importantes sur les plateformes numériques, où circulent de nombreuses informations non vérifiées et des informations trompeuses. Certaines informations prétendent que les résultats auraient été manipulés ou que certaines zones auraient sciemment été exclues du processus de dépouillement. Par ailleurs, d’autres proposent des récits évoquant des conflits présumés, des irrégularités alléguées, des actes de violence ou un manque de transparence dans l’organisation électorale de certaines circonscriptions, alimentant ainsi l’inquiétude et l’agitation au sein de la population.

Proclamation des résultats provisoires par l’Autorité Nationale des Élections
Le président de l’Autorité nationale des élections (ANE), Maître Mathias Barthélemy Morouba, a communiqué les résultats provisoires issus de la compilation des votes pour l’élection présidentielle. Cette annonce a été faite dans la nuit du 5 au 6 janvier 2026, après le dépouillement et la centralisation progressive des procès-verbaux envoyés par les différents bureaux de vote à travers le pays.
D’après ces résultats provisoires, le président sortant, Faustin-Archange Touadéra, obtient un score de 76,15 % des suffrages exprimés, le désignant « provisoirement élu ». Cependant, cette proclamation demeure conditionnée à une validation définitive par les institutions compétentes, conformément aux lois et à la Constitution en vigueur.
Résultats des urnes entre contestations et félicitations
Anicet-Georges Dologuélé, candidat à l’élection présidentielle et figure éminente de l’opposition, classé deuxième selon les résultats provisoires annoncés, a remis en question la validité des résultats provisoires communiqués par l’ANE. Lors de plusieurs conférences de presse, il a dénoncé ce qu’il considère comme des irrégularités dans le processus électoral. « Des manipulations systématiques des résultats et diverses anomalies susceptibles d’avoir altéré l’issue du scrutin ont été constatées. Je rejette ces chiffres qui ne correspondent pas à la réalité exprimée dans les urnes », a-t-il affirmé.
Le candidat a également souligné que son équipe avait constaté des dysfonctionnements et défaillances organisationnelles dans différentes régions, et a sollicité un examen minutieux par les institutions habilitées.
Henri-Marie Dondra, ancien Premier ministre et candidat du parti UNIR classé troisième selon les résultats provisoires, a également contesté la légitimité du processus électoral. Il a plaidé pour l’annulation complète du scrutin, arguant que l’ANE n’avait pas été en mesure d’assurer les conditions nécessaires à un vote libre, équitable et transparent dans l’ensemble des circonscriptions. « De multiples irrégularités ont compromis le bon déroulement de cette élection, remettant ainsi en question la crédibilité de l’ensemble du processus électoral. »
Plusieurs candidats défaits à l’élection présidentielle présentent leurs félicitations au président réélu
À la suite du scrutin présidentiel de décembre 2025, le 7 janvier, Eddy Symphorien Kparékouti a reconnu la victoire de Faustin Archange Touadéra et lancé un appel à l’unité nationale. Le candidat du Parti de l’Unité et de la Reconstruction (PUR) s’est officiellement exprimé sur les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 lors d’une conférence de presse organisée à Bangui. Il a exprimé sa satisfaction quant au bon déroulement du processus électoral, accepté sa défaite et exhorté les Centrafricains à maintenir la paix et la cohésion nationale.
Le Parti chrétien démocrate a officiellement adressé ses félicitations, le 7 janvier, au candidat Faustin Archange Touadéra à la suite de sa victoire à l’élection présidentielle. Cette réaction intervient après la publication des résultats provisoires par l’Autorité nationale des élections (ANE), rendus publics le 5 janvier 2025. Selon ces résultats, le président sortant, Faustin Archange Touadéra, a été réélu dès le premier tour du scrutin présidentiel organisé le 28 décembre 2025, avec un score de 76,15 % des suffrages exprimés.
Cette prise de position du Parti chrétien démocrate a été annoncée lors d’une conférence de presse animée par son président fondateur, Aristide Briand Reboas, ancien ministre de la Jeunesse et des Sports. À cette occasion, il a clairement exprimé l’acceptation du verdict des urnes par son parti, tout en affirmant sa volonté de respecter et de se conformer à la décision proclamée par l’ANE, dans un esprit de légalité et de respect des institutions républicaines.Selon les résultats provisoires, le président sortant Faustin Archange Touadéra remporte l’élection au premier tour avec 76,15% des suffrages exprimés, pour un taux de participation de 52,42%. Les autres candidats ont obtenu les scores suivants : M. Eddy Symphorien Kparékouti (1,04% avec 12 227 voix), M. Ghislain Serge Djorie (1,87% avec 21 989 voix), M. Marcelin Yalemendé (2,13% avec 25 068 voix), M. Henri Marie Dondra (3,19% avec 37 525 voix), M. Aristide Briand Reboas (0,95% avec 11 185 voix) et M. Anicet Georges Dologuélé (14,66% avec 172 209 voix).

Cependant, dans l’attente de la validation définitive des résultats, une atmosphère tendue règne actuellement dans les quartiers et sur les réseaux sociaux, où prolifèrent des informations non vérifiées et trompeuses. Certaines allégations font état de manipulations des résultats ou d’exclusion de certaines localités du décompte électoral. D’autres diffusent, sans preuves tangibles, des rumeurs concernant des tensions, des incidents, des fraudes, des actes de violence ou un manque de transparence dans le processus électoral, ce qui contribue à instaurer un climat d’incertitude et d’anxiété parmi la population.
Dans ce climat préoccupant, une question fondamentale se pose : comment agir en tant que citoyen responsable ?
Conserver sa sérénité et sa vigilance
La période qui suit les élections est intrinsèquement caractérisée par une phase d’attente. Les résultats se dévoilent progressivement, nécessitant un travail méticuleux de compilation, de vérification et de centralisation des données. Cette attente peut susciter des appréhensions ou de l’agitation. Il s’avère donc primordial de préserver son sang-froid et de ne pas succomber à l’affolement. Les informations non vérifiées provoquent fréquemment des réactions émotionnelles intenses, mais la circonspection et la persévérance demeurent des atouts civiques essentiels au sein d’un processus démocratique.
Se référer aux sources officielles
Dans un contexte de prolifération des informations sur les réseaux sociaux, il s’avère primordial de vérifier la provenance des données avant de leur accorder crédit ou de les diffuser. L’Autorité Nationale des Élections et le Conseil constitutionnel demeurent les uniques instances légitimement habilitées à communiquer les résultats électoraux officiels. Toute information électorale divulguée par des plateformes non accréditées ou des personnes sans mandat officiel mérite d’être accueillie avec prudence et méfiance. Il est recommandé de privilégier la consultation des sources institutionnelles et crédibles, des déclarations officielles ou des organes médiatiques reconnus pour leur rigueur journalistique.
Éviter la diffusion de contenus non vérifiés
Diffuser des informations non vérifiées ou des rumeurs peut engendrer des répercussions considérables. De tels actes risquent d’instaurer un climat d’anxiété, d’exacerber les tensions sociales et potentiellement de compromettre l’intégrité du processus électoral. En qualité de citoyen responsable, il convient d’exercer une vigilance numérique exemplaire : s’abstenir de partager tout contenu dont l’authenticité n’a pas été établie et informer son cercle social lorsque des informations erronées sont en circulation.
Chaque composante du processus électoral possède sa légitimité et son calendrier spécifique. L’annonce des résultats officiels s’inscrit dans un cadre juridique précis, dont le strict respect assure la transparence et la légitimité de l’élection. Durant cette période cruciale, il incombe à chaque citoyen de soutenir les institutions concernées, d’adhérer aux protocoles établis et d’incarner une citoyenneté exemplaire fondée sur des valeurs de paix, de confiance et d’engagement démocratique.
La période post-électorale constitue non pas un moment de relâchement, mais une phase déterminante pour consolider le processus démocratique. Si les institutions jouent un rôle fondamental, les citoyens assument également une responsabilité essentielle. Confrontés aux rumeurs, chacun se doit de défendre l’information véridique, de favoriser la concorde et de maintenir sa vigilance face à la désinformation. Par ces actions, nous participons collectivement à l’édification d’une société davantage stable, éclairée et attachée aux valeurs démocratiques.
Par Raoul Lakola
