Un post Facebook relayé récemment affirme que l’utilisation de produits de défrisage pour cheveux augmenterait le risque de développer un cancer de l’utérus. Contrairement à d’autres rumeurs infondées, cette information n’est pas totalement fausse. Elle est partiellement vraie, car certaines études scientifiques ont effectivement mis en évidence un lien possible entre l’usage fréquent de ces produits et une augmentation du risque de cancer de l’utérus, mais les preuves restent encore limitées et nécessitent davantage de recherches.
Le 25 octobre 2022, une publication diffusée par la page Facebook « Griote » a attiré l’attention des internautes. Elle affirmait que les produits chimiques utilisés pour le défrisage des cheveux augmenteraient de manière significative le risque de cancer de l’utérus chez les femmes, contrairement à d’autres produits capillaires tels que les teintures ou les permanentes.
Cette affirmation a suscité de nombreuses réactions et inquiétudes, en particulier parce que le défrisage est une pratique courante chez de nombreuses femmes en Afrique et dans la diaspora. Mais qu’en est-il réellement ?
Vérification:
Selon une étude publiée par le NIH souligne que les femmes noires sont davantage exposées aux produits chimiques destinés à se lisser les cheveux. Cette information est confirmée selon certaines recherches scientifiques américaines à cet effet. Cependant, en République Centrafricaine, elle n’est pas avérée car aucune étude, ni confirmation n’est effective. Toutefois, d’après ces spécialistes la méfiance est de mise pour celles qui font usage de ces produits.
Ces derniers mois, une rumeur persistante a circulé sur les réseaux sociaux, affirmant que l’usage des produits de défrisage capillaire accroîtrait considérablement les risques de cancer de l’utérus chez les femmes. Après vérification menée par AFC, cette information est partiellement vraie : certaines études internationales suggèrent effectivement un lien entre l’utilisation fréquente de ces produits et une hausse du risque de cancer, mais aucune recherche n’a encore été réalisée en République centrafricaine pour confirmer ces résultats dans un contexte local.
L’avis des spécialistes en Centrafrique
Interrogé par AFC, le Docteur Kosh-Komba Jess-Elio, cancérologue, oncologue et pédiatre au Centre hospitalier universitaire pédiatrique, confirme que ce risque ne doit pas être sous-estimé : « Il y a effectivement une partie qui peut augmenter le risque de cancer, et pas seulement le cancer de l’utérus, car ces effets sont divers. »
Il rappelle également que d’autres produits cosmétiques, comme certains shampoings industriels, contiennent également des substances nocives :
« Il y a aussi des shampoings industriels qui utilisent des ingrédients chimiques néfastes pour l’organisme. Par exemple, les formaldéhydes, cancérogènes reconnus à l’échelle internationale, figurent parfois dans la composition de certains shampoings. Leur usage répété peut accroître les risques. »
Ces propos mettent en évidence que le danger ne se limite pas uniquement aux défrisants, mais concerne plus largement de nombreux produits capillaires industriels riches en agents chimiques agressifs.
Les données scientifiques disponibles
Plusieurs médias internationaux ont déjà traité ce sujet en se basant sur des études scientifiques solides. Le site Futura-Sciences, par exemple, rapporte les conclusions de l’équipe de recherche dirigée par Alexandra White, autrice principale d’une étude publiée en 2022 par les National Institutes of Health (NIH) aux États-Unis.
Selon cette étude, les chiffres sont parlants: 1,64 % des femmes qui n’ont jamais utilisé de produits de défrisage développeront un cancer de l’utérus avant l’âge de 70 ans. En revanche, ce risque grimpe à 4,05 % pour celles qui utilisent régulièrement ces produits.
Ces données révèlent une corrélation significative, mais elles ne prouvent pas une causalité directe. D’autres facteurs, antécédents familiaux, environnement, hygiène de vie, peuvent également jouer un rôle.
Le contexte de la résurgence de cette information
Cette question a refait surface sur internet à l’occasion de la campagne annuelle de lutte contre le cancer, organisée en octobre et connue sous le nom de « mois rose ». Cet événement, largement médiatisé, met en avant la prévention, le dépistage et la sensibilisation aux cancers, notamment ceux liés à la santé féminine.
C’est dans ce cadre que l’information sur les risques liés aux produits de défrisage a de nouveau été partagée massivement, relançant le débat sur leur innocuité.
Conclusion
D’après la vérification de l’AFC et l’analyse des données disponibles : Oui, certaines études scientifiques américaines confirment que l’utilisation régulière des produits de défrisage augmente le risque de cancer de l’utérus. Mais non, il ne s’agit pas d’une preuve absolue : les recherches restent limitées et aucune étude n’a été menée en Centrafrique pour évaluer ce risque dans la population locale.
Ainsi, l’affirmation relayée est partiellement vraie. Les femmes doivent être informées des dangers potentiels liés à l’usage répétitif de ces produits, tout en gardant à l’esprit que le cancer est une maladie multifactorielle.
