Ces photos de manifestations sont sorties de leur contexte

Le octobre 16, 2025
par Centrafrique Check

Un post publié sur Facebook le 17 septembre montre des photos présentées comme celles de manifestations ayant eu lieu à la suite d’une session de formation destinée aux agents de l’État centrafricain, animée par un expert en ressources humaines. Sur ces clichés, on aperçoit notamment deux manifestants brandissant une pancarte où l’on peut lire « Dégage la France », ainsi que d’autres images de protestataires en France.

Cependant, ces photos sont sorties de leur contexte. Elles ont en réalité été prises en France lors du récent mouvement « Bloquons tout », lancé sur les réseaux sociaux, et au Niger en 2023.

Le 17 septembre 2025, un internaute a partagé cette publication dans le groupe Facebook « Coalition pour la refondation de Centrafrique », afin de critiquer une rencontre d’échange d’expériences entre des experts français en ressources humaines et des responsables de ressources humaines de l’administration publique centrafricaine.

Après vérification et analyse approfondie par Centrafrique Check, il s’avère que ces images sont détournées de leur contexte d’origine et utilisées dans le but de susciter un sentiment anti-occidental en République centrafricaine.

Vérification : 

Les images ont été capturées en France et au Niger, sans aucun lien avec la République centrafricaine.

Une recherche d’images inversée a permis d’identifier la véritable origine de ces photos. Les résultats révèlent qu’elles illustrent plusieurs tentatives de blocage survenues à Paris. Les premières actions ont débuté dès 5 heures du matin, un mercredi, dans le cadre du mouvement « Bloquons tout », symbole de l’exaspération sociale en France face à la stratégie de « passage en force permanent » du président de la République et du Premier ministre, selon la Confédération générale du travail (CGT).

Nous avons retrouvé l’une des photos dans une vidéo publiée par le média en ligne Euronews le 10 septembre 2025, confirmant ainsi que ces clichés n’ont aucun rapport avec la République centrafricaine.

La seconde photo, quant à elle, a été prise à Niamey, au Niger, le 2 septembre 2023, par l’Agence France-Presse (AFP). Elle a été publiée le 7 septembre 2023 dans un article du magazine Jeune Afrique, consacré aux manifestations réclamant le départ des soldats français et la fin de la présence française dans le pays.

Plusieurs publications en lien avec ces événements sont d’ailleurs accessibles à travers les liens mentionnés ci-dessous.

Précisions de l’ambassade de France à Bangui

Afin de comprendre le véritable contexte de la formation mentionnée dans la publication, Centrafrique Check a contacté l’ambassade de France à Bangui.
Le chargé de communication, Cédric Pillard, a expliqué que l’activité s’inscrit dans le cadre d’une feuille de route bilatérale approuvée par les présidents français et centrafricain le 24 avril 2024.

« Dans le cadre de la feuille de route endossée par l’État centrafricain et l’ambassadeur de France, le service de coopération de l’ambassade a effectivement organisé, le 16 septembre, une formation en ressources humaines à l’ENAM dans un premier temps, puis au Conseil économique et social. Aucune manifestation n’a été observée autour de ces deux sites durant notre présence », a précisé M. Pillard.

Une tentative d’instrumentalisation des images

Après vérification, Centrafrique Check conclut que ces images ont été détournées de leur contexte d’origine et diffusées de manière trompeuse dans le but de nourrir un sentiment anti-occidental en République centrafricaine. Ce type de désinformation, consistant à associer des images étrangères à des événements locaux, vise souvent à créer la confusion et à manipuler l’opinion publique.

Les internautes sont donc invités à vérifier l’authenticité et la provenance des contenus qu’ils partagent, notamment grâce aux outils de recherche d’images inversée, afin d’éviter de relayer de fausses informations.

Verdict 

En Conclusion, les photos montrant des mouvements de protestations ou de vagues de manifestations ne sont pas prises en Centrafrique et sont hors contexte. Elles illustrent plutôt des sentiments anti-occidentaux et accompagnent des récits incitant à la haine après plusieurs vérifications faites par Centrafrique Check.

Par Romaric Bealoum