Le 18 juin 2025, un message frauduleux a commencé à circuler dans plusieurs groupes WhatsApp en Centrafrique. Utilisant le logo officiel de l’UNICEF, il affirme que « le portail de candidature pour le recrutement UNICEF 2025 est ouvert ». Pour rendre l’annonce plus crédible, le texte est accompagné d’un lien incitant les internautes à cliquer afin de soumettre leur candidature.

Après une enquête menée par la rédaction de Centrafrique Check, en collaboration avec le département de communication de l’UNICEF et des experts en cybersécurité, il a été établi qu’il s’agit bel et bien d’une escroquerie numérique. Cette fausse information n’a aucun lien avec l’organisation onusienne, qui rappelle qu’elle ne procède jamais à des recrutements par l’intermédiaire de liens partagés sur des messageries instantanées.
Les spécialistes mettent en garde contre ce type de pratiques, qui visent à piéger les internautes, soit en collectant leurs données personnelles, soit en les redirigeant vers des sites dangereux. Ils recommandent de ne pas cliquer sur ces liens et d’éviter de partager ces messages trompeurs.
Vérification:
Pour vérifier l’authenticité de cette information, nous avons mené plusieurs démarches auprès des responsables de l’UNICEF et d’experts en cybersécurité.
Le démenti officiel de l’UNICEF
Le 1er juillet 2025, Dede Nambeanre, Assistant en communication extérieure à l’UNICEF, a fermement rejeté cette rumeur. Il précise :
« Non, nous n’avons pas lancé de recrutement en ligne. C’est une fausse information et une arnaque. Ce n’est pas la première fois que nous rencontrons ce genre de publication. L’année dernière déjà, une annonce similaire circulait à propos d’un prétendu concours de recrutement en ligne, avec en plus la promesse de récompenses financières. Nous exhortons tout le monde à ne pas cliquer sur des liens suspects. »
Cette déclaration confirme que l’UNICEF n’a en aucun cas lancé un tel processus de recrutement, et que l’usage de son logo dans ce contexte relève d’une usurpation d’identité.
Vérification sur le site officiel
Afin de compléter cette démarche, Centrafrique Check a consulté le site officiel de l’UNICEF le 10 juillet 2025. Aucun contenu ne mentionne l’ouverture d’un portail de candidature pour l’année 2025. Les informations publiées par l’UNICEF sur son site sont les seules sources fiables et officielles concernant ses offres d’emploi et ses programmes de recrutement.
Cette absence confirme le caractère frauduleux du lien relayé sur WhatsApp.
Analyse d’un expert en cybersécurité
Pour mieux comprendre la nature de ce faux lien, Centrafrique Check a interrogé Morez Wandet, expert en cybersécurité. Selon lui :
« C’est un faux lien. Toutes les pages officielles doivent être reliées au site principal de l’entité concernée. Dans le cas de l’UNICEF, toutes les adresses web commencent par https://www.unicef.org/. .Si ce n’est pas le cas, alors il s’agit d’un site non officiel. »
Il recommande aux internautes de toujours vérifier l’URL d’un site avant de cliquer et d’éviter de fournir des informations personnelles sur des plateformes dont l’authenticité n’est pas garantie.
Une tendance croissante d’arnaques en ligne
Ces dernières semaines, de nombreux cas similaires ont été observés sur les réseaux sociaux en République centrafricaine. Les escrocs exploitent de plus en plus l’image des organisations internationales comme l’ONU, l’OMS ou encore l’UNICEF pour piéger les internautes. Leurs méthodes consistent à diffuser de faux formulaires de recrutement, de bourses d’études ou de concours, afin de soutirer soit des données personnelles sensibles, soit de l’argent à travers des frais d’inscription fictifs.
Verdict:
Après vérification auprès de l’UNICEF et l’analyse d’experts en cybersécurité, il est confirmé que le lien circulant depuis le 18 juin 2025 sur WhatsApp au sujet d’un prétendu recrutement est une arnaque en ligne. Ce faux message, qui utilise abusivement le logo de l’organisation, n’a aucun lien avec l’UNICEF.
Les internautes sont donc appelés à la prudence : il est essentiel de ne pas cliquer sur des liens suspects, de vérifier l’authenticité des sites avant de fournir des informations personnelles, et de se référer uniquement aux canaux de communication officiels de l’UNICEF.
Par Hillary Boyo
