Le 30 décembre 2024, une information circule dans les différents groupes WhatsApp et est publiée sur Facebook par RCA News. L’auteur de la publication précise dans le contenu : « Lorsque les femmes de la République centrafricaine briseront enfin le silence, le monde devrait être prêt à entendre leurs histoires bouleversantes. Jessica Koboloda s’exprime sur le concours de Miss République centrafricaine, où les rêves de gloire se transforment en cauchemars. Exploitation sexuelle et violence, voilà ce qui attend les mannequins centrafricains à qui l’on offre un emploi de rêve en France. Ces crimes ne peuvent rester impunis.

Le post de RCA News publié sur Facebook a été repris dans plusieurs groupes WhatsApp. Cette information est diffusée dans un contexte de réchauffement des relations bilatérales entre la France et la République centrafricaine. Le 17 avril 2024, lors d’une rencontre à l’Élysée entre le président Faustin-Archange Touadéra et son homologue Emmanuel Macron, la France et la République centrafricaine sont mis d’accord sur une feuille de route afin mettre en place un « partenariat constructif » et de relancer la relation entre les deux pays.
Vérification :
Dans le cadre de la vérification, la rédaction de Centrafrique Check a contacté le comité de miss Centrafrique par l’entremise de sa présidente qui rejette en bloc cette déclaration.
Dans un entretien le 09 janvier 2025 avec Gabriella GUEGBELET, présidente du comité Miss Centrafrique, affirme « Pour organiser cet événement, cette édition de Miss Centrafrique 2024, c’est vrai que nous avions pu solliciter un appui financier auprès de l’ambassade de France à quatre mois des élections des Miss, un peu tardivement. Et nous n’avions pas pu en bénéficier, vu le retard constaté ou accusé, l’ambassade n’était pas en mesure de nous financer. L’ambassade n’a jamais été impliquée dans l’organisation ni à subventionner le concours. Nous avons pu bénéficier du soutien des autres partenaires », explique-t-elle.
Jessica Koboloda n’existe que dans l’imagination d’après le comité Miss Centrafrique 2025.
Dans le contexte de la publication, l’auteur précise que Jessica Koboloda, victime de cette promesse de la France, est l’une des candidates au concours Miss Centrafrique 2025. Mais, après vérification auprès du comité, ce nom ne figure pas dans la liste des 20 candidates sélectionnées pour la finale, parmi lesquelles une a désisté pour ne rester que 19 candidates en lice. Par ailleurs, la présidente du comité a mis à notre disposition la liste des candidates ci-dessous.

Aucun cas d’esclavage sexuel n’a été enregistré
Cependant, poursuit la présidente, « depuis que j’ai pris l’arène, ou le présidium du comité Miss Centrafrique 2025, quatre ans après plusieurs éditions précédentes, je n’ai pas eu d’information relative aux cas de viols qui soient documentés. »
Réaction de l’ambassade de France
Centrafrique Check a pu contacter l’ambassade de France à travers son service de communication en vue de vérifier cette information.
« Aucun représentant de l’ambassade de France n’était présent à cet événement. » Nous avons été contactés par le comité de Miss Centrafrique pour subventionner cette édition du concours. Malheureusement, les fonds disponibles n’étaient pas dédiés à financer ce concours», explique-t-il.
Par ailleurs, «Concernant les cas de viols dénoncés, il s’agit d’un témoin anonyme. Si la victime avait témoigné à visage découvert, tout en montrant les preuves tangibles et indiquées ou en citant les noms des auteurs, ce serait bien. Cela pourrait permettre de mener des enquêtes pour situer les responsabilités. Mais, jusque-là, rien ne nous est reproché. Nous sommes un État qui défend les valeurs humaines, et le viol est prohibé par la loi. En France, cette pratique n’est pas autorisée, elle est punissable. Tout en évoquant le cas de Dominique Mazon qui défraie les chroniques en France » conclut-il.
D’après les clarifications du comité de Miss Centrafrique et de l’ambassade de France, il s’agissait d’une information fabriquée et non fondée dans le but de manipuler l’opinion publique.
Verdict :
En conclusion, l’information publiée par RCA News et transférée plusieurs fois dans les groupes WhatsApp selon laquelle une participante au concours de beauté Miss Centrafrique a déclaré qu’un représentant de l’ambassade de France, présent à l’événement lui a proposé de s’installer en France et tous les frais du séjour seront pris en charge. En réalité, après plusieurs vérifications, il s’agissait plutôt d’une information totalement fausse, irréelle, fabriquée dans le but de manipuler les Centrafricains.
