Cette information très virale dans les groupes whatsApp, est postée sur Facebook le 06 décembre 2024 sur la page d’information francophone en ligne « Mon Afrique Libre », indiquant que la France aurait choisi la RCA comme terrain d’essai pour les armes nucléaires. Cependant, l’ambassade de France et les autorités centrafricaines, contactées par Centrafrique Check, parlent d’une information qui relève de l’imagination de ses auteurs, qui veulent nuire à la qualité des relations diplomatiques franco-centrafricaines.
Publiée sur la page ‘’Mon Afrique Libre’’, cette information très virale en deux jours a totalisé 4 000 mentions j’aime, 54 commentaires et 18 partages. Voici ce qu’affirme le post : « On connaît les capacités de la France qui a déjà procédé à de nombreux essais d’armes nucléaires. Par exemple, en Algérie et en Polynésie. La République centrafricaine et son peuple ont déjà souffert de la France, de la pauvreté, de la faim, des pillages constants… et maintenant, la décision de faire de la République centrafricaine un terrain d’essai pour les armes nucléaires ».

Positions de l’ambassade de France en Centrafrique
Pour débusquer cette information puis démêler le vrai du faux, Centrafrique Check a pu contacter par WhatsApp le 16 décembre 2024, Nicolas Courtin, Conseiller politique à l’ambassade de France en Centrafrique qui nie cette information en ces termes : « non, nous n’avons pas la volonté de reprendre nos essais nucléaires dans le monde et pas plus en RCA. La France a annoncé l’arrêt des essais nucléaires depuis le 20 janvier 1996. »
Plus loin, l’ambassade de France à Bangui a mis à la disposition de notre rédaction un document qui met en valeur son engagement en faveur du désarmement nucléaire. D’après le contenu de ce document, « la France s’est engagée en faveur du désarmement nucléaire, premier pilier du TNP, autour de trois axes :
- Elle adopte une approche progressive et pragmatique conforme à l’article VI du TNP respectant le principe de sécurité non diminuée pour tous.
- Elle agit de manière concrète en faveur du désarmement. Elle a réduit son arsenal au niveau le plus bas compatible avec le contexte stratégique, démantelé de manière irréversible ses installations de production de matières fissiles, en toute transparence.
- Elle s’est fixée des périodes afin de poursuivre le désarmement de manière progressive, notamment en réalisant les prochaines étapes que sont l’entrée en vigueur du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) et la négociation à la conférence du désarmement d’un traité interdisant la production de matières fissiles pour les armes (FMCT), la poursuite des travaux sur la vérification du désarmement nucléaire, et des efforts de maîtrise des armements. La précision ici.
L’ambassade de France en RCA dément par un communiqué de presse
Par ailleurs, dans un communiqué de presse émanant de l’ambassade de France en réponse à une attaque informationnelle, envoyé à la rédaction de Centrafrique Check par le conseiller politique, l’ambassade a formellement démenti ces allégations. D’après ce communiqué, il est indiqué :
« Ce jour, l’ambassade de France a constaté avec consternation la publication d’un courrier, prétendument signé par le ministre français des Armées et des Anciens combattants, M. Sébastien Lecornu, et prétendument adressé à l’ambassadeur, haut représentant de la République française en République Centrafricaine. Ce document circule sur les réseaux sociaux.
Le document est un faux, tant dans sa forme que dans l’objet qu’il traite, et cette ambassade dément avec la plus grande vigueur les propos délirants rapportés à M. Lecornu. Ils relèvent de l’imagination de ses auteurs, qui veulent nuire à la qualité des relations diplomatiques franco-centrafricaines.

Cette année, la France et la RCA ont redéfini leurs relations bilatérales dans le cadre d’une feuille de route, dans un esprit constructif, mutuel et de respect.
À la lumière des éléments exposés, l’ambassade de France condamne fermement cette attaque informationnelle ».
Précisions des autorités centrafricaines
Pour le ministre de la Communication, des médias et porte-parole du gouvernement, Maxime Balalou, interrogé par Centrafrique Check qui rejette en bloc cette information, parle d’ailleurs des spéculations sans fondement.
« Vous savez, je vous dis une chose par rapport à cette question. Nos relations avec la France, au départ y avait des incompréhensions, et elles ont déjà été réglées, maintenant nos relations avec la France, c’est une relation d’État à État, dans le cadre de respect mutuel et ce que nous intéresse, ce sont les intérêts des centrafricains et on ne peut faire un essai nucléaire en Centrafrique sans l’autorisation du gouvernement centrafricain ».
Poursuit-il, « Je n’ai jamais vu passer sur la table du conseil une demande de la France par rapport à l’essai. Tout ça pour moi, je considère cela comme des spéculations. Je vous le dis aujourd’hui que moi-même, en tant que porte-parole du gouvernement, je n’ai pas cette information. Donc, c’est une information qui n’a pas de considération », conclut-il.
Ces publications interviennent dans un contexte de réchauffement des relations bilatérales entre la France et la République Centrafricaine après plusieurs rencontres entre les chefs d’États respectivement français, Emmanuel Macron, et centrafricain, Faustin Archange Touadera, adossées par la signature d’une nouvelle feuille de route qui redéfinie cette relation franco-centrafricaine après une décennie de brouilles diplomatiques.
Verdict :
Après plusieurs vérifications faites par Centrafrique Check, le document indiquant que la France aurait décidé de faire de la République centrafricaine un terrain d’essai des armes nucléaires est faux et non authentique.
