La drépanocytose est une maladie génétique du sang qui peut entraîner des crises douloureuses. Elle est une maladie héréditaire, aussi connue sous le nom d’anémie falciforme. Elle altère la forme des globules rouges, chargés de transporter l’oxygène vers toutes les parties du corps. Néanmoins, des traitements permettent d’atténuer les symptômes et de limiter les complications associées à cette pathologie. Reconnaître rapidement les signes cliniques de la drépanocytose est essentiel pour bénéficier d’une prise en charge précoce et efficace.
Des idées reçues se répandent autour de cette pathologie en Centrafrique, notamment sur les traitements administrés aux drépanocytaires. Ces rumeurs font l’objet d’inquiétudes provoquant par ailleurs de la psychose chez les patients vivant avec cette pathologie. Les rumeurs soutiennent que « les médicaments administrés aux drépanocytaires aggravent les crises douloureuses », alors qu’elles sont fausses et sans fondement scientifique selon les spécialistes de santé interrogés par Centrafrique Check.
Docteur Aristide Désiré Komangoya, Chargé des programmes de lutte contre le Paludisme et les Maladie Tropicales Négligées à l’OMS Centrafrique, interrogé, précise : « pour un protocole de prise en charge qui est instauré pour pouvoir régler les crises de la drépanocytose, il ne peut en aucun cas aggraver la situation, au contraire ça ne peut que soulager le patient ».
Pour Jean Lozas Gbongare, Assistant Technique du Projet Drep ACCI au Centre de Recherche et de Traitement de la Drépanocytose, « ces molécules qui ont été connus pour traiter la drépanocytose ne peuvent pas aggraver la maladie, mais cela diminue plutôt la douleur du patient, c’est une fausse rumeur ».
Il souligne par ailleurs « Tous les médicaments prescrits aux drépanocytaires ne guérissent pas la drépanocytose ,mais ils espacent les crises ; il y a trois manifestations dans la drépanocytose important à savoir : les crises douloureuses, les infections et l’anémie c’est pourquoi on les soumet aux traitements antidouleur, antiparasitaires et antipaludique » , a-t-il indiqué.
« En tant que drépanocytaire, je dis non et c’est archi-faux pour la simple raison que lorsqu’on nous met sous le traitement c’est pour calmer les douleurs ou encore arrêter l’hémorragie. Les remèdes appropriés qu’on nous recommande très souvent sont: le paracétamol, le doliprane, le dyclo (comprimé ou injection) ; hydrea qui est considéré comme un antidouleur efficace qui permet d’atténuer les douleurs ainsi que les antibiotiques tels que : Augmentin ; amoxicilline etc., pour finir, on nous conseille de bien manger et ne pas s’exposer au froid », témoigne Ophélia Crisobelle Bengaye Zanaba, vivant avec la maladie et par ailleurs présidente Fondatrice de l’association Tous contre la Drépanocytose en République Centrafricaine ‘’ATDC’’.
« Ma fille souffre aussi de cette maladie et quand elle fait une crise, une fois qu’on lui donne les traitements, l’état de sa santé s’améliore, donc c’est une fausse information », a déclaré Marceline Magoa, mère d’une patiente.
En République Centrafricaine, d’après le ministère de la Santé, plus de 22. 000 personnes, en majorité des enfants de 0 à 5 ans, souffrent de la drépanocytose. Cependant, l’unique Centre de traitement, basé à Bangui, ne prend en charge qu’environ 4.000 patients. Toutefois, le Centre manque de personnels qualifiés et de moyens de fonctionnement. Vous pouvez retrouver cette information disponible ici(1 ).
Retenons que la drépanocytose est une maladie chronique pour laquelle il n’existe pas, à l’heure actuelle un traitement approprié pour guérir les patients. Cependant, la pratique ciblée du dépistage de la drépanocytose à la naissance permet une prise en charge médicale précoce qui est la clé d’un meilleur pronostic et d’une qualité de vie préservée, selon les spécialistes.
Cependant, la rumeur affirmant que les médicaments administrés aux drépanocytaires aggravent leur état de santé est fausse après vérification faite par Centrafrique Check.
L’article est édité par Esdras Michael Ndamoyen.

